La violence engendre la violence (Lacordaire)

billou SM même en plein concert (il peut plus se controler :P)
La violence engendre la violence (Lacordaire)

# Posté le mardi 10 juillet 2007 06:42

Quinze Ans

XXX

PARTIE I

Obscurité, un silence, puis 25 000 paires de mains qui se lèvent. Il marche lentement, passe à côté de ses musiciens, l'un d'eux lui tape dans le dos, peut-être pour lui donner du courage. Et il revient encore une fois saluer, seul, son auditoire. Le poursuiteur l'éclaire, applaudissements. On le voit, sobrement vêtu, une guitare sèche qu'il tient fermement entre ses doigts marqués par un concert éblouissant de pureté, et le micro s'offre à lui :

Tom : -Merci...

Les acclamations redoublent à ce simple mot, mais il est sincère, pour une fois.

Tom : -Merci beaucoup...merci...Je...Ce soir, cela fait quinze ans...

Emotion dans sa voix, il jette un ½il en coulisse, pour se rassurer, son bassiste l'encourage, et Tom se reprend. Le Tom qui depuis quinze ans avance sans comprendre pourquoi refait surface sur scène. Comme dans un rêve, il entame le rappel, seul, ou plutôt seul parmi tous ces apôtres venu l'aduler depuis plus d'une décennie.

Dernier au revoir, il quitte la scène. La guitare à l'accessoiriste, un peignoir, pas un regard à ceux qui l'accompagnent depuis tout ce temps dans cette tournée. Couloir, escalier, porte de service, rue déserte, berline noire aux vitres teintées, la nuit est elle-même comme teintée de sang. La lune se reflète sur le bitume brillant. Un hôtel, encore un. Encore et toujours un Hôtel. Il ne les aime plus.

Cela fait quinze ans.
_______________________________________________________

Bill : -Tom ! Réveille toi ! C'est aujourd'hui !
Tom : -Hein...quoi...
Bill : -Allez ! Bouge ! Les producteurs sont en bas, ils ont les résultats ! Georg et Gustav sont là !


Bill secoue son frère emmêlé dans sa couette.

Tom : -C'est bon...j'arrive...
Bill : -Mais bouge toi...allez vire moi cette couverture...tes fringues...


Bill recherche autour du lit les vêtements de Tom.

Bill : -Mais tu va te bouger oui ? Quel mollusque toi alors...ne m'obliges pas à t'habiller...
Tom : -Dormir...
Bill : -Tu l'aura voulu.


Bill soulève la couverture et attrape un boxer dans le meuble à côté du lit. Il soulève la jambe de son frère qui fait semblant de dormir, et il lui enfile son sous-vêtement, comme si de rien était.

~Pov Tom~
Bill...Je suis à poil dans mon pieux, et il ne recule pas devant le fait de me fringuer coûte que coûte. Mais c'est qu'il n'a pas froid aux yeux...il va jusqu'au bout !

Tom : -Ca va...ça va...je vais finir.
Bill : -J'ai commencé, Je fini.
Tom : -...
Bill : -Mollusque.


~Pov Bill~
P'tit con va...je t'aime toi. Si tu savais comme je t'aime...envie de pleurer...c'est con. Aller Bill, fait comme chaque jour : grand sourire et blagues à la con, ça se voit pas que tu déprime.

Après le Boxer, Bill lui enfile une paire de chaussette, réussis comme il peut à lui passer son baggy, le fait relever pour lui mettre un T-shirt, et il s'assoit finalement, son ½uvre accomplie, à côté de son frère.

Tom : -...
Bill : -...
Tom : -Ben...merci
Bill : -Heu...de rien.


Tom s'assoit sur le bord du lit avec son jumeau, et lui glisse un léger bisou au coin des lèvres.

Tom : -Je t'aime toi, P'tit frère, allez on descend.

Bill reste assis sur le lit, pendant que son frère dévale déjà les escaliers

~Pov Bill~
Il vient de faire quoi là ?

~Pov Tom~
Je viens de faire quoi là ?

Dans le living room, tout le monde attend les deux frères. Tom arrive, salue ses collègues de célébrité, puis un par un les producteurs, en costumes sombres, comme à leur habitude. Bill les rejoint quelques secondes après.

Bill : -Bon alors ?
Prod : -Nous avons donc reçu ce matin les premiers résultat de la mise sur le marché de votre troisième opus, et les ils sont encourageants.
Bill : -C'est-à-dire ?
Prod : -C'est la troisième meilleure entrée européenne de l'année.


Un long filet de bave descend de la bouche des 4 garçons.

Gus : -Ah quand même...
Georg : -Naaaaaaaaaan ?
Tom : -Waouh...quelqu'un peut tirer sur une de mes dreads pour vérifier que je ne rêve pas ?...Aïe !...Georg, je disais çà comme ça...
Georg : -Désolé...
Bill : -Vous dîtes « troisième » des meilleures entrées ? Mais c'est n'importe quoi !
Georg : -C'est le meilleur résultat qu'on ai jamais fait Bill ! Tu délires ?
Bill : -On a tellement bossé...C'est dégueulasse.
Tom : -Mais tu te rends compte ? C'est notre troisième album Bill, celui qui ne marche jamais, celui qui fait toujours un Bide ! C'est inespéré pour nous, il cartonne ! Et en Europe !


Bill les regarde, méprisant. Il quitte la pièce.

Tom : -Merci d'être venu. Je vais m'en occuper. Georg, Gustav, je ne vous raccompagne pas.

Le jeune guitariste se dirige vers la cuisine où son frère est assis regardant la pluie derrière la baie vitrée.

Tom : -Tu me fait quoi là ? Un caprice, encore un ?
Bill : -Toi aussi tu es contre moi ?
Tom : -Quoi ? Mais personne n'est contre toi !


Tom jette des regards d'incompréhension vers son frère, qui semble perdu dans ses pensées.

Tom : -Attends, c'est génial pour l'album, et toi tu...
Bill : -Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre de l'album...
Tom : -Quand tu es venu me réveiller, tu avait pourtant l'air de bien t'en préoccuper !
Bill : -Casse toi.
Tom : -Quoi ?
Bill -J'ai dis : C-A-S-S-E T-O-I !
Tom : -Fait pas chier.


Il quitte la cuisine, en claquant la porte, ce qui fait sursauter Bill, plongé dans la monotonie des gouttes de pluie sur la vitre.

~Pov Bill~
J'en ai marre. Marre de tout ça. Pourquoi quand je me réveille le matin, la première personne à qui je pense c'est Tom ? Pourquoi quand je m'ennuie la seule personne vers qui je suis bien c'est Tom ? Pourquoi quand je respire, j'ai l'impression de le faire pour Tom ? Pourquoi il n'y a que ce prénom qui résonne dans ma tête continuellement : Tom, Tom, Tom... Pourquoi quand je le vois s'approcher de moi je me sens tout brûlant à l'intérieur, et que j'ai l'impression que je fonds ? Pourquoi je viens de l'envoyer se faire voir alors que j'ai envie que d'une seule chose : qu'il me prenne dans se bras ? Pourquoi je l'aime ? Oui...pourquoi ça ? Ok, je sais que je suis gay depuis longtemps, mais pourquoi le seul que je veux c'est lui, mon frère ? POURQUOI !

Il attrape sur la table un verre qui traînait et il l'explose contre la baie vitrée qui se fend en deux, et fini par s'effondrer à ses pieds, en milliers de morceaux. Tom alerté par le bruit accourt dans la cuisine. Bill est là, debout, un morceau de verre dans les mains, regardant le sol couvert d'éclats. Tom demande doucement :

Tom : -qu'est-ce qui c'est passé ?
Bill : -...
Tom : -Viens.


Bill est toujours immobile au milieu des gravats, la pluie qui tout à l'heure battait contre la vitre s'infiltre maintenant dans la pièce. Tom s'approche de Bill, lui prend la main, et l'emmène hors de la cuisine. Il l'assoit sur le canapé, et se met à genoux devant lui.

Tom : -Tu va me dire ce qui ne vas pas ?
Bill : -...
Tom : -Mais parle ! Dis moi quelque chose bordel !
Bill : -Je suis fatigué.


~Pov Tom~
Il est fatigué...monsieur est fatigué. Et bien on va coucher monsieur alors...

Tom : -Tu veux dormir ?
Bill -Non.
Tom : -Tu sait que tu es lourd quand tu es comme ça ?
Bill : -Excuse moi.


~Pov Tom~
Bill s'excuser. Hou la...il y un truc qui ne va pas.

Tom s'assoit à côté de Bill, et le chanteur s'étend sur le canapé, en reposant sa tête sur les jambes de son jumeau. Tom passe ses doigts dans les cheveux de son frère, qui ferme les yeux, et semble apaisé. Bill ne s'endort pas, mais il reste comme ça près d'une heure, et son double se perd dans ses pensées et dans ses rêves éveillés.

Bill : -Je t'aime.
Tom : -Moi aussi.
Bill : -Oui, mais...enfin...


~Pov Bill~
Ce n'est pas le même amour, et je ne sais pas comment lui faire comprendre. Il faut qu'il le devine lui-même. Je ne peux pas lui dire comme ça.

XXX

PARTIE II

Deux mois plus tard, juste après le premier concert de la nouvelle tournée.

Bill : -MERCI ! C'était Tokio Hotel pour EUROPA TOUR FÜR DICH 2009 ! Salut !

~Pov Bill~
Quel nom à la con pour une tournée. Et je dois encore le dire 44 fois dans les 3 prochains mois. Quelle merde. Enfin, un de moins, c'est déjà ça.

Bill : -Tom, ça va pas la reprise à la neuvième chanson, tu as niqué l'accompagnement
Tom : -Oui, je sais, je doit trouver l'ingénieur du son pour lui balancer ma guitare dans la gueule, il m'a ruiné la tête, il y avait des clics partout dans l'oreillette, j'ai pas pu me concentrer.
Georg :-J'ai rien compris, j'avais beau suivre la batterie, tu était à côté Tom, enfin tu t'es repris vers la fin, mais bon...
Tom : -Oui, je sais


~Pov tom~
Mais ils ont quoi ce soir eux ? Je leur ai fait quoi ? Ça arrive de se planter, merde.

Bill : -C'est pas grave Tom, fait pas cette tête là...Ce soir je veux qu'on règle ce problème avant de dormir, pour être au point demain.
Georg :-Ca sera sans moi. Je vais me coucher.
Gus : -Non, moi non plus, et puis vous pouvez gérer à deux sans problèmes.


Les quatre montent dans le Mini Bus, et arrivent à l'hôtel. Le batteur part directement au restaurant, alors que le bassiste monte se coucher.

Tom : -Je prends le sèche ?
Bill : -Oui. On n'en a pas pour longtemps.


Dans l'ascenseur, pas un bruit. L'appareil monte lentement.

~Pov Bill~
Je dois lui dire. J'en peux plus, c'est vital. Courage...

Bill : -Tom, il faut que je te dise quelque chose de très important.
Tom : -Quoi ?
Bill : -...
Tom : -Ben dis moi !
Bill : -Tom je...


La porte de l'ascenseur s'ouvre. Un homme âgé en tenue de soirée rentre, et se place entre les deux frères.

L'homme :-Bonsoir.
Bill&Tom : -B'soir.


L'ascenseur recommence à monter.

Tom : -Tu veux me dire quoi Bill ?
Bill : -Attends voir.
Tom : -Si c'est important, dis moi !


~Pov Bill~
Mais il est chiant...je vais pas lui dire : « Tom je suis profondément au regret de t'annoncer que je suis amoureux de toi à en crever » comme ça dans un ascenseur avec un type qui...

Les portes s'ouvrent, l'homme âgé sort.

L'homme :-Bonne soirée
Bill&Tom :-Merci vous aussi.
Tom : -Bon, tu me dis ?
Bill : -Je...une seconde.


Il souffle. Ses mains tremblent, son c½ur est prêt à imploser. Ils sont à leur étage. Bill sort, marche vite jusqu'à la porte de sa chambre, ouvre, et laisse la porte ouverte. Tom arrive juste après, Bill est devant la grande fenêtre, son visage se reflète dans la vitre, et ses yeux brillent au milieu des lumières de la ville. Tom attend dans l'embrasure de la porte. Bill est accoudé au rebord de la vitre, il sourit. Une larme vient caresser ses lèvres, et le goût salé de ses sentiments le ramène à la réalité.

Bill : -Rentre, et ferme.
Tom : -OK. Je prends ma guitare ?
Bill : -Je m'en fout de ta guitare.


Bill se retourne, Tom est assis sur le lit, il se frotte les yeux. La fatigue sans doute.

Bill : -Tom, il faut que je te parle. Ce que je vais te dire est très dur pour moi, et ça le sera peut-être aussi pour toi.
Tom : -Tu veux arrêter la musique ?
Bill : -Non...Laisse moi parler, c'est déjà pas facile.
Tom : -Excuse moi.


~Pov Bill~
Tu peux le faire Bill. Ce ne sont que des mots. Oui mais des mots qui font mal. Des mots qu'on ne dit qu'une fois, et dont le destin n'est jamais scellé. Et ma vie va dépendre de ces mots là...je doit lui dire.

Bill : -Tom...Je...suis...
Tom : -... ?
Bill : -Je suis amoureux de toi.


Tom se lève, il ouvre la porte, il sort, sans un regard pour son frère.

Bill : -Tom ! Reviens !

La porte se referme, Bill est à genoux aux pieds du lit, les bras le long du corps, la tête baissée. Il n'a pas la force de crier, il n'a pas la force de pleurer. Il peut à peine prononcer quelques mots

Bill : -Tom...reviens...

Il pose ses mains sur le sol, et il s'allonge par terre, roulé en boule, comme pour se protéger du monde qui l'entoure. Il ne peut plus bouger, paralysé par l'incertitude.

~Pov Bill~
Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Il va revenir ? Il va revenir...Il doit revenir... Et s'il est allé en parler à quelqu'un ? Et si il ne veut plus me voir ? Et si je ne le vois plus...Tom...Et si tu ne revenais jamais...Je ne peux pas vivre sans toi...Je ne peux pas vivre...

Une heure plus tard, dans le bar de l'hôtel.

Client :-Et donc, ma femme, elle est partie comme ça, mais en plus...hips...c'est qu'elle a pris le chien !
Tom : -Ca fait six fois que vous me le dîtes...
Client : -On s'est déjà...hips...vu quelque part, non ?
Tom : -Barman ! Vous ne pouvez pas faire quelque chose là ?
Barman : -Allez Monsieur Minnelli, il est temps de remonter vous coucher maintenant...
Client : -Ah vous croyez ?
Barman : -Oui...C'est mieux.
Client : - Bien...hips...sur ce...Bonsoir messieurs...


Le vieil homme qui parlait à Tom depuis près d'une heure s'en va, titubant jusqu'à la réception de l'hôtel.

Barman : -C'est un homme triste, mais il a été une des élites du pays il y a encore 10 ans...Mais depuis que sa femme l'a quitté, il a changé du jour au lendemain. Il a même tenté de se pendre...Si son majordome n'était pas intervenu, il ne serait pas là aujourd'hui... Ah l'amour...ça tue parfois...Vous reprenez quelque chose Mr Kaulitz ?
Tom ; -Remettez moi pareil...
Barman : -Dix-neuf ans, et déjà trop de soucis au point de commander une septième Vodka pure ?
Tom : -Vous ne pouvez même pas imaginer...
Barman : -Vous n'avez pas une vie facile. On a beau penser qu'être devenu une célébrité riche et adulée vous apporte tout ce dont on peut rêver, je suis sur qu'au fond, vous n'êtes pas heureux.
Tom : -Vous ne croyez pas si bien dire. Chacun sa vie, et les emmerdes qui vont avec.
Client : -S'il vous plait ?
Barman : - C'est bien vrai Mr Kaulitz...J'arrive !


~Pov Tom~
« Les emmerdes qui vont avec »...Si je m'attendais à ça moi...Bill, mais t'es trop con. Pourquoi tu détruis tout ? Pourquoi ?...

Le vieil homme qui parlait avec Tom repasse dans le bar, sa clé en main, marmonnant quelque chose d'inaudible.

~Pov Tom~
Pauvre type, la vie est cruelle... « Ah l'amour...ça tue parfois... » Ouais, c'est clair. Il faut vraiment être désespéré...mais putain...Bill ! Oh nan ! Tu ne serais pas aussi con...j'ai un doute là...Tu ne m'as pas fait ce coup là...

Tom saute de son tabouret de bar, court jusqu'à l'ascenseur...trop long à venir...Il empreinte l'escalier de service, et monte quatre à quatre les marche, jusqu'au 25° étages. Il prend à peine le temps de respirer, traversant à toute vitesse le long couloir, il ouvre la porte de la chambre, et là...

Tom : -Bill !

Bill est allongé par terre, endormi, il n'a pas bougé depuis que Tom l'a laissé tout à l'heure. Tom se rue sur lui, le prends dans ses bras, le réveillant brutalement.

Bill : -Mais qu'est-ce que tu fais ?
Tom : -Tu m'as fait peur...
Bill : -Je m'attendais pas à ce que tu me dise que tu m'aime, mais de là à ce que je te fasse peur...
Tom : -Allez, arrête de parler de ça. On oublie tout d'accord ?
Bill : -Comment ça ?
Tom : -Tu ne m'as rien dis, je ne sais rien. On est deux frère, on est comme avant...
Bill : -Je...tu as peut-être raison...


Tom le sert du plus fort qu'il peut dans ses bras, comme si c'était la dernière fois qu'il le voyait.

~Pov Tom~
Voilà, on oublie tout, et on recommence...Je veux pas te perdre...

Bill : -Je veux dormir. Laisse moi maintenant.
Tom : -On oublie ?
Bill : -Oui. Tu as raison, c'était une connerie.
Tom : -Oui, je m'en doute. Je ne veux pas te laisser cette nuit. Je ne peux pas. Je dors là.
Bill : -Non mais c'est bon...
Tom : -Si si.
Bill : -Oui, ben...comme tu le sens.


Les deux s'endorment tard, en ayant revisité ensemble les souvenirs de gamin, les choses qui les font encore rire, même à dix-neuf ans. Mais Bill somnole à peine lorsque son frère est déjà inconscient, et la nuit s'offre à lui, et comme chaque soir, les images traînent longtemps dans sa tête, l'empêchant continuellement de dormir...C'est un rêve éveillé d'où on ne se réveille pas.

~Pov Bill~
On oublie tout...Ca fait deux ans que j'essaye d'oublier, deux ans que je me persuade que ce que me dicte mon c½ur n'est qu'une illusion, mais je n'y peux rien. Je l'aime, et c'est une fatalité. Je l'aime, et ça, je ne peux pas l'oublier.

XXX

PARTIE III

3 Mois plus tard, dans un grand restaurant de la capitale.

~Pov Bill~
Plus que trois dates...trois petits concerts de rien du tout, et c'est fini. Ce soir je suis crevé. Ma tête va éclater, je ne pense plus qu'a lui. Je suis sans cesse avec lui, il m'obsède. Je le veux pour moi tout seul. Mon Tom...Je le regarde, il est assis en face de moi, il ne dit rien. Gustav me parle mais je n'entends pas. Ce grand restaurant est trop calme...Georg arrive enfin.

Georg :-Excusez, vous savez ce que c'est...la petite copine...Et au fait, Tom, félicitation, J'ai appris...
Tom : -Hein ? Ah oui...Non, mais c'est pas sérieux...
Bill : -Quoi ? Mais vous parlez de quoi là ?
Gus : -Bill...la petite amie de Tom ! Qu'il a rencontré à Munich il y a deux semaines !
Bill ; -Tom ? Ah oui ?
Tom : - Heu...non...oui...j' en ai pas parlé, c'est pas très sérieux...
Bill : -Mais attends, les deux imbéciles le savent, et moi non ? Tu ne penses pas que ça aurait pu être bien de me le dire ? Non, tu es trop occupé à penser à toi.
Tom : -Attends, j'allais t'en parler...
Georg :-Les deux imbéciles ?
Tom : -Attends Georg, ne complique pas les choses.
Bill : -Non, c'est bien, j'ai compris, je ne suis pas assez intéressant pour être tenu informé de vos vie, et bien si ça ne vous dérange pas trop, je vais aller vivre la mienne un peu plus loin. Salut.


Bill quitte le restaurant. Celui qui se mettrait en travers de sa route serait littéralement réduit à néant. Le serveur en fait la démonstration. Et le chapeau d'une vieille bourgeoise en fait les frais.

~Pov Bill~
Il a bien oublié, oui, bien oublié...Je le déteste...

Bill rentre dans une des voitures, qui démarre aussitôt, et disparaît au détour d'un building.

Georg : -Il est sur les nerfs...
Tom : -Oh ta gueule toi !
Georg : -Mais tu vas pas bien non plus...
Gus : -Calmez vous les gars...
Tom : -Ferme la toi aussi. J'me casse.


Tom reste un peu dehors, à fumer une cigarette, puis il monte à son tour dans une des voitures, le chauffeur attend les instructions.

~Pov Tom~
Mais pourquoi ce connard de Georg à ramené ça sur le tapis...Putain, mais c'est même pas une petite copine la Munichoise, à peine un coup d'un soir...Mais quel con...Mais pourquoi j'ai fais ça à Bill moi ?...Attends...Je me demande pourquoi j'ai fais ça à Bill...moi ? Mais...pourquoi je ne l'aurais pas fais ? J'ai rien promis à personne...je ne lui doit rien à Bill...Mais alors pourquoi je regrette d'avoir couché avec cette fille...Oh non...ça peut pas être çà...Je regrette par rapport à Bill ?...Je l'ai trahis...mais...

Chauffeur :-Monsieur ?
Tom : -Hein ? Ah oui...heu...à la maison.
Chauffeur :-Vous voulez dire...à l'hôtel ?
Tom : -Oui...oui...à l'hôtel.


~Pov Tom~
A l'hôtel...Je dois le voir, je veux être sur. Sur de quoi...sur de ne pas l'aimer...Je veux être certain que je ne suis pas amoureux de lui. Je ne peux pas être amoureux de lui, ce n'est pas possible. Je dois le voir. Il faut que je l'appelle, il faut que j'entende sa voix.

Tom prends son portable, et il appelle son frère. Pas de réponse, après 4 sonneries, le répondeur.

Tom : -Allo, Bill c'est moi, je doit te voir. J'arrive à l'hôtel là, dans cinq minutes.

~Pov Tom~
Je vais savoir ce que je ressens en le voyant. Je le sais.

La voiture s'immobilise en face de l'entrée de l'hôtel. Il y a un attroupement de passant et de flics à côté du building. Tom passe en courant sans regarder, il arrive dans le Hall. A la réception :

Tom : -Tom Kaulitz, je veux ma clé, et savoir le numéro de la chambre de mon frère Bill.
Réceptionniste :-Voici votre clé, et pour la suite de votre frère, c'est le numéro 46B au 18° étage...


Tom part en courant vers l'ascenseur.

Réceptionniste :-Mais Monsieur Kaulitz !...

~Pov tom~
Je doit lui dire...je doit le voir...je crois que je l'aime.

Il monte dans l'ascenseur, appuie sur le 18, les portes se ferment.

~Pov tom~
Oui...Je crois que je l'aime...C'est pas normal, mais je l'aime, et je m'en fout du reste...

L'ascenseur arrive, les portes sont à peine ouvertes que Tom est déjà dans le couloir à rechercher la 46B.

~Pov Tom~
46B...46B...C'est là...je frappe...pas de réponse. Si ça se trouve il n'est pas rentré à l'hôtel...C'est tout lui ça, ne pas dire où il va. Je veux le voir...Je réessaye son portable

Tom rappelle...première sonnerie...Il entends le portable de Bill à l'intérieur de la chambre. Il raccroche.

Tom -Bill ! C'est moi, ouvre, il faut que je te parle...C'est important...

Pas un bruit...rien...

Tom : -Mais enfin réponds ! Ouvre !

~Pov Tom~
Je m'en fiche, je défonce la porte

Tom se fracasse l'épaule contre l'ébène, avant de s'apercevoir de la présence d'un extincteur juste à côté de lui. Il frappe sur le bois avec l'aide de cet objet, et la porte commence à céder.

Tom : -Mais ouvre moi !

Il continue sans relâche, et dans un dernier coup, où il donne toute sa force et toute sa volonté, la porte s'effondre sur le sol, le faisant tomber lui-même dans la chambre.

En face de lui, une baie vitrée, grande ouverte, et des rideaux de voile blanc qui danse dans la brise glaciale. Au-delà de cette baie vitrée, un balcon, et dans la pièce, personne. Tom se relève.

Tom : -Bill, tu es là ?

Le portable de Bill est posé sur du papier à lettre, Tom regarde autours de lui, le blouson de son frère est accroché au portemanteau. Il s'avance sur la terrasse, les lumières de la ville illuminent le ciel nuageux. Tom se penche par delà la rambarde du balcon, et regarde en bas. Toujours le même attroupement de passants et de flics. Mais au milieu de tous ces gens agglutinés, un corps sombre, gisant dans une tache rouge. Tom ne comprend pas tout de suite. Il a un mouvement de recul qui le jette au sol lorsque ce qui vient de se passer lui apparaît comme une évidence.

~Pov tom~
C'est...lui.

Tom a à peine la force de rentrer dans la chambre, le vent siffle, il est debout au milieu de la pièce, la bouche à moitié ouverte et le c½ur entièrement déchiré. Il ne réalise pas encore. Il vient de perdre la moitié de lui-même. Il est passé à côté de lui sans le voir tout à l'heure. Il est passé à côté de lui sans le voir toute sa vie. Du moins, ne voyait-il que le Bill qu'il voulait voir, le frère, l'ami, et pas celui qui soufre et qui l'aime.

Tom s'assoit sur la chaise du bureau. Ses yeux sont perdus dans l'espace, et il est entré dans un silence obscur. Juste à côté de lui, le portable de son frère, posé comme pour empêcher aux feuilles sur lesquelles il est placé de s'envoler. Tom prends le portable, et retire la première feuille blanche. Une lettre. Un dernier message, qui lui est adressé.

Tom,

Je souffre trop. Je n'ai pas pu oublier, je n'ai pas voulu oublier. Excuse moi. C'est trop dur. Je ne peux pas te voir vivre. J'aurais voulu que cela se passe autrement, j'aurais voulu avoir d'autres sentiments, j'aurais voulu rester ton frère, juste ton frère. Mais c'est comme ça. Tu n'y es pour rien. Soit heureux mon frère, excuse moi de t'abandonner. Je t'aime. Je resterai à tes côtés.
Bill.


Tom : -Non...BILL !

Il s'effondre, la tristesse et la colère se mélangent en lui. Il est 22h15, Bill Kaulitz a quitté ce monde, et son frère se retrouve pour la première fois de sa vie...seul.

________________________________________________________________

C'était il y a quinze ans. C'était le même Hôtel où la berline va le déposer ce soir. Peu de chose ont changée. Tom est devenu un grand du monde de la musique. Il vit seul, possède une des plus importante fortune d'Allemagne. Et sa dernière tournée est un carton monumental. Pourtant, rien de tout cela ne compte pour lui.

Il descend de la berline. A la réception, il demande la clé de la suite 46B. Il arrive dans cette chambre, et les murs n'ont peut-être plus la même couleur, mais il y règne toujours la même atmosphère pesante. Tom s'assoit sur le lit. Il y a quinze ans, au même endroit, il était triste et en colère, mais ce soir, le seul sentiment qui daigne l'habiter est le regret. Le regret d'être arrivé 5 minutes trop tard, le regret de ne pas lui avoir avoué son amour, le regret de s'être voilé les yeux pendant des mois. Il a aussi le regret d'avoir osé vivre quinze ans de plus. Mais il n'a pas vraiment vécu ces quinze ans, il les a subit. Au fond de lui, il sait que la meilleure partie de lui est morte il y a quinze années. Son âme est partie avec Bill. Il ne reste plus qu'à achever l'enveloppe charnelle.

Pas de lettre d'Adieu, il n'y a plus personne à prévenir. Plus personne qui n'ai d'importance pour lui en tout cas. Les rideaux sont toujours des voiles blancs, et cette nuit, ils vont danser à nouveau dans la brise glaciale.

# Posté le dimanche 26 août 2007 07:37

annuaires de fanfics sympas!

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# Posté le jeudi 30 août 2007 12:16